I.         Enseignement, éducation et formation

Ces trois termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ils recouvrent des réalités légèrement différentes :

v  Enseignement : C'est l'action de transmettre des connaissances et des savoir-faire de manière structurée, généralement dans un cadre institutionnel (école, université). L'enseignement est une composante de l'éducation.

« L’enseignement est un processus intentionnel par lequel un enseignant organise des situations permettant aux élèves d’acquérir des connaissances, des compétences, des attitudes ou des valeurs dans un cadre institutionnel. » (Renald Legendre, 1993)

Enseignement en EPS

Didactique

Pédagogie

Programmation

Choix des APS

Planification

Conception des compétences

Elaboration des SA

Evaluation

Mise en œuvre

Adaptation

Régulation

Modification

Gestion de groupe

Aménagement…

Didactique

« Etude des processus d’élaboration et d’acquisition (chez l’élève) et de transmission (chez l’enseignant) des savoirs et savoir-faire d’une discipline » (Hébrard, 1986)

« La didactique apparaît comme une technologie dont l’objet est de produire des contenus et des stratégies d’enseignement les plus efficaces possibles ». (Delignières, 1995)

Pédagogie

« Pratique d’intervention normative qui recherche une influence près d’autrui dans une perspective explicite de formation ». (Parlebas, 1980)

« La pédagogie, c’est l’ensemble des décisions prises par un enseignant pour organiser les apprentissages. » (Develay, 1996)

Andragogie

L'andragogie, du grec ancien "andros" (homme, adulte) et "agogos" (guide), signifie littéralement "guide de l'homme adulte" ou "art de conduire l'adulte". Il s'agit donc de la science et de l'art d'enseigner et d'apprendre aux adultes.

Le terme a été popularisé par Alexander Kapp en 1833, puis développé par Malcolm Knowles dans les années 1970, qui en a fait une théorie de l'apprentissage pour adultes.

« L’andragogie est l’ensemble des méthodes et des principes d’enseignement spécifiquement adaptés aux adultes. Elle se base sur leur autonomie, leur expérience, leurs besoins concrets et leur motivation à apprendre. ». (Knowles, 1984)

« L’andragogie est un modèle éducatif centré sur l’apprenant adulte, fondé sur l’idée que celui-ci apprend mieux quand il est impliqué dans la planification, l’évaluation et la mise en œuvre de son apprentissage. » (Knowles,1980)

v  Éducation :

« L’éducation est une transmission organisée de savoirs, de normes et de valeurs à travers une relation pédagogique. ». Houssaye, J. (1993)

« Éduquer, c’est proposer à un sujet des situations lui permettant de se construire comme personne et comme citoyen, en développant à la fois ses savoirs, sa capacité de jugement, son autonomie et sa responsabilité. ». Meirieu, P. (2002)

Le mot éducation à une double origine latine :

Ø  Educare : synonymes d’élever dans ce cas l'éducation vise à aider l'individu en se basent sur ses potentialités interne (innée).

Ø  Educere : signifie conduire ; dans ce cas l'éducation consiste à apporter de l'extérieur les contenus nécessaires pour assurer l'éducation des individus.

C'est un processus plus large qui englobe l'ensemble des influences qui contribuent au développement d'un individu. Il s'agit non seulement d'acquérir des connaissances, mais aussi de développer des compétences sociales, émotionnelles et civiques. L'enseignement est un outil au service de l'éducation.

v  Formation : Elle vise à acquérir des compétences spécifiques en vue d'exercer une activité professionnelle ou de réaliser une tâche précise. La formation peut être courte ou longue, et elle peut être dispensée dans différents contextes (entreprise, organisme de formation).

L'enseignement est une partie de l'éducation, qui est un concept plus vaste. La formation est plus spécialisée et axée sur l'acquisition de compétences pratiques.

            II.         Entraîneur, formateur, enseignant, éducateur et coach : des rôles distincts

v  Entraîneur :

« L’entraîneur est un professionnel qui planifie, encadre et évalue des situations d’entraînement afin d’optimiser la performance sportive de ses pratiquants, tout en assurant leur développement physique, psychologique et social. ». Trudel, P., & Gilbert, W. (2006)

« L’entraîneur n’est pas seulement un technicien du geste, mais un éducateur du comportement et un gestionnaire de projet. ». Durand, M. (2001)

Il accompagne une personne ou un groupe dans l'amélioration de leurs performances physiques, techniques, tactiques et/ou artistiques dans une discipline donnée.

Méthodes : Répétition d’exercices, correction gestuelle, planification de cycles d’entraînement, feedback en temps réel.

Contexte : Intervient dans des clubs, fédérations, centres sportifs ou artistiques. Publics : athlètes, musiciens, danseurs, etc., souvent en compétition ou en représentation.

v  Formateur :

« Le formateur est un professionnel chargé de concevoir, animer et évaluer des actions de formation pour faire acquérir des compétences opérationnelles, souvent en lien avec un métier ou une fonction. ». Albero, B. (2010)

« Le formateur articule savoirs théoriques et situations concrètes pour faciliter les apprentissages des adultes. ». Faulx, D. (2002)

Il transmet des connaissances et des compétences professionnelles, techniques ou comportementales, dans le but d'améliorer les performances au travail.

Méthodes : Exposés interactifs, études de cas, mises en situation, ateliers pratiques, e-learning, évaluations formatives.

Contexte : Travaille dans des centres de formation, entreprises, organismes publics ou privés. Les publics peuvent être des adultes, salariés, demandeurs d’emploi, apprentis.

v  Enseignant :

« L’enseignant est un professionnel de la transmission des savoirs, qui conçoit des situations didactiques pour permettre aux élèves de construire des apprentissages durables, évaluables et transférables. ». Meirieu, P. (2005).

« L’enseignant organise une relation pédagogique triangulaire entre un savoir, un élève et une situation. ». Houssaye, J. (1993)

Il transmet des connaissances théoriques et pratiques dans un cadre scolaire ou universitaire (programme/référentiel défini). Il a un rôle de médiateur entre le savoir et l'apprenant.

Méthodes : Cours magistraux, exercices, travaux de groupe, évaluations, situations d’apprentissage (S.A), différenciation pédagogique.

Contexte : Intervient dans des établissements scolaires (école primaire, collège, lycée) ou supérieurs (université, IUT, etc.). Fonctionne souvent dans un cadre institutionnel réglementé (ex. : Éducation nationale).

v  Educateur :

« L’éducateur vise à favoriser le développement global de l’individu (enfants, jeunes, personnes vulnérables) à travers des actions éducatives, sociales, sportives ou culturelles, centrées sur la personne et son environnement. ». Vial, M. (2001).

« L’éducateur agit dans un cadre souvent extra-scolaire pour développer les compétences sociales, morales, affectives et comportementales. ». Brougère, G. (2003).

Vise à favoriser l’autonomie, le vivre-ensemble, les compétences sociales et le développement personnel, souvent dans une approche plus globale que purement scolaire ou technique.

Méthodes : Utilise des situations de la vie quotidienne, des jeux éducatifs, des projets, des médiations, et un accompagnement individualisé.

Contexte : Peut intervenir en école, en foyer, dans les clubs de sport, ou dans des structures sociales comme les centres de jeunes ou les IME (Instituts Médico-Éducatifs).

v  Coach :

« Le coach est un accompagnateur du changement, qui aide une personne ou un groupe à atteindre des objectifs spécifiques en mobilisant ses ressources internes, à travers un processus structuré de questionnement et de prise de conscience. » Whitmore, J. (2010)

« Le coaching professionnel vise à améliorer la performance et le bien-être durable de l’individu dans le respect de son autonomie. » Fédération Internationale de Coaching (ICF)

Il accompagne une personne (ou un groupe) dans le développement de son potentiel, la résolution de problèmes, ou l’atteinte d’objectifs personnels ou professionnels. Il l'aide à définir ses objectifs, à surmonter ses difficultés et à atteindre son plein potentiel.

Méthodes : Écoute active, questionnement ouvert, techniques de recentrage, clarification des objectifs, accompagnement sans jugement.

Contexte : Coaching individuel ou collectif, souvent dans les domaines du management, de la reconversion, du sport ou du développement personnel. Moins cadré qu’un enseignement ou une formation.

En résumé :

  • L'entraîneur se concentre sur la performance dans un domaine spécifique.
  • Le formateur vise à développer des compétences professionnelles.
  • L'enseignant transmet des connaissances théoriques et pratiques.
  • L’éducateur s’intéresse au développement global de la personne.
  • Le coach accompagne dans le développement personnel et professionnel.

Tableau récapitulatif

Rôle

Objectif principal

Cadre d’intervention

Méthodes

Entraîneur

Performance et développement sportif

Clubs, fédérations, pôles INSEP

Pratique, correction

Formateur

Acquisition de compétences professionnelles

Entreprise, organismes de formation

Exposés, exercices pratiques

Enseignant

Transmission des connaissances et des savoirs

École, université

Cours, exercices, S.A

Éducateur

Développement global de l’individu

Secteurs social, éducatif ou sportif

Activités éducatives, médiation, accompagnement

Coach

Accompagnement au changement

Coaching individuel ou collectif

Écoute active, questionnement

         III.         Education physique et sportive (EPS)

L’EPS est la discipline d’enseignement qui s’appuie sur les APS dans une finalité éducative, afin de permettre, dans un cadre institutionnel et de manière systématique :

  • Le développement et/ou l’entretien des capacités Physiques (vitesse, force, endurance, résistance…).
  • La sollicitation des capacités psychomotrices (coordination, équilibre, synchronisation, vitesse de réaction, schéma corporel…).
  • L’acquisition des habiletés techniques et/ou tactiques (dribble, tir, passe, franchissement, ATR, lancer…) significatives des pratiques sociales de référence (BB, GYM, course de haies…).

" L’Éducation Physique et Sportive est une discipline scolaire obligatoire qui, à travers la pratique d’activités physiques, sportives et artistiques (APSA), vise le développement des compétences motrices, méthodologiques, sociales et civiques des élèves, ainsi que leur éducation à la santé et à la responsabilité. Ministère de l’Éducation Nationale (France), BOEN n°6 du 28 août 2008 ; Maroc – Guide officiel de l’EPS (MEN). "

 

Rappel

"Une finalité est une affirmation de principe à travers laquelle une société (ou un groupe social) identifie ou véhicule ses valeurs. Elle fournit les lignes directrices à un système éducatif" Hameline ; Les objectifs pédagogiques en formation initiale et en formation continue ; PARIS, ESF,1979

Finalité : désigne l'objectif ultime ou le but fondamental vers lequel tendent les activités éducatives. Elle exprime les intentions profondes de l'éducation, au-delà des objectifs spécifiques ou des compétences à acquérir. Les finalités sont généralement d'ordre philosophique, éthique ou social, et orientent les politiques éducatives ainsi que les pratiques pédagogiques.  Par exemple, les finalités de l'éducation peuvent inclure le développement de l'esprit critique, la formation de citoyens responsables, l'émancipation individuelle ou la promotion de l'égalité sociale.

L’EPS participe (avec autres disciplines d’enseignement) au développement de trois domaines principaux de la personne (l’élève), à savoir :

1.      Domaine psychomoteur :

Développer les qualités physiques (force, endurance, vitesse, souplesse, coordination) et les aptitudes psychomotrices (équilibre, orientation dans l'espace, dissociation des mouvements, adaptation aux stimuli) grâce à une pratique variée d'activités motrices. Elle stimule les :

  • Qualités physiques : les capacités du corps liées à la performance physique brute et dépendent principalement des systèmes musculaires, cardiorespiratoire et articulaire.

§  L’endurance, la force et la puissance, la vitesse, la souplesse, la coordination.

§  Les déplacements, l’accélération et les changements rapides de direction.

§  L’agilité et la flexibilité, etc…

  • Qualités psychomotrices : les habiletés motrices qui impliquent une interaction entre le système nerveux et les muscles pour exécuter des mouvements coordonnés et adaptés à une situation donnée. Capacités à gérer et coordonner les mouvements en réponse à des stimuli internes ou externes.

§  Coordination (O.R.D.R.E).

§  Réaction rapide et précise au signal, réagir aux actions adverses ou aux opportunités de jeu.

§  Vision et perception spatiale, repérer les coéquipiers, les adversaires et anticiper les trajectoires du ballon.

§  Précision motrice, passer, tirer ou réceptionner une balle avec précision tout en gérant la pression du jeu.

§  Adaptation : ajuster sa posture et ses actions face à des situations de jeu en constante évolution, etc...

Aspect

Qualités physiques

Qualités psychomotrices

Nature

Physiologique et énergétique

Neuromusculaire et cognitive-moteur

Objectif

Performance brute (force, vitesse)

Contrôle, précision, adaptation

Développement

Dépend de l’entraînement physique

Dépend des exercices techniques et perceptifs

Exemple

Courir plus vite, sauter plus haut

Anticiper un ballon et l’attraper avec précision

2.     Domaine Cognitif :

L’enseignement de l’EPS constitue également une occasion privilégiée pour solliciter des apprentissages à caractère cognitif qui se rapportent :

  • A l’acquisition de connaissances liées au règlement, à la terminologie technico- tactique, aux concepts scientifiques, etc.
  • A la sollicitation des capacités d’observation, d’analyse et de prise de décision.
  • A l’acquisition de méthodes de travail (apprendre à apprendre) et de stratégies d’apprentissage (processus métacognitif) qui préparent l’élève à se prendre en charge et par là favorisent son autonomie.

3.     Domaine Socio- affectif :

  • Favoriser le courage de l’élève
  • Développer l’esprit d’initiative
  • Permettre l’intégration au groupe
  • Initier à la prise de responsabilité
  • Faciliter la communication avec autrui

Avec l’adoption de certains principes de l’approche par les compétences comme cadre conceptuel et méthodologique des Orientations Pédagogiques qui régissent l’enseignement de l’EPS (lycée OP 2007, collège OP 2009), les savoirs (connaissances…), les savoir-faire (habiletés, capacités motrices…) et le savoir être (liés au domaine socio- affectif) sont désormais considérés comme des ressources que les élèves doivent acquérir et mobiliser de manière intégrée en vue de construire des compétences.

En conséquence l’enseignement méthodique et rigoureux de l’EPS favorise le développement intégral et harmonieux des différentes composantes de la personnalité de l’élève, améliore son état de santé (état de bien-être physique, psychique et social), favorise son autonomie, à sa réussite scolaire et à son imprégnation des valeurs de citoyenneté.

          IV.         Les APS

Les APS représentent l’ensemble des Activités Physiques (acrobatie, jeux traditionnels Etc..) et Sportives (Volley-ball, Basket, Gymnastiques...) sur lesquelles s’appuie l’EPS pour accomplir sa mission. Elles sont considérées à la fois comme des buts et des moyens de l’EPS.

Des buts parce que l’EPS doit permettre l’apprentissage des APS telles qu’elles existent en dehors de l’école (pratiques sociales de référence). Pour cela l’enseignant doit favoriser l’acquisition des différents éléments constitutifs des APS (technique, tactique...). Dans cette perspective, l’enseignant fait pratiquer l’APS pour l’APS.

Les APS sont aussi des moyens de l’EPS dans la mesure ou leur pratique n’est pas uniquement une fin en soi, mais également un support ou un prétexte pour contribuer à l’éducation intégrale de l’élève à travers la sollicitation de ses différentes ressources (cognitif, socio affectifs, psychomoteur…) et par là favoriser l’acquisition des compétences.

Considérer les APS comme des objets et des moyens de l’EPS renvoie à la problématique « spécificité et transversalité » des apprentissages en EPS et c’est là l’une des difficultés majeures auxquelles se trouve confronté l’enseignant d’EPS : Comment faire pour établir un juste équilibre entre les deux tendances (techniciste ou éducative) ?

            V.         Le sport de compétition

Le sport de compétition représente l’ensemble des activités physiques réglementées, institutionnalisées, à caractère compétitif et dont le but primordial se résume dans la recherche de la plus haute performance. Alors que l’EPS se caractérise par la diversité de ses pratiques, le sport quant à lui s’appuie sur des pratiques optionnelles (chacun choisi de pratiquer son sport préféré), et sur la spécialisation des entraîneurs. De surcroit l’EPS s’adresse à tous, le fort comme le faible alors que le sport est par nature élitiste et par conséquent dissuasif (écarte les personnes qui n’ont pas le profil requis). Le tableau ci- dessous présente un récapitulatif de la comparaison entre l’EPS et le sport de compétition.


 

          VI.         La comparaison entre sport et EPS

 

EPS

SPORT

OBJECTIFS

Permettre l’éducation des dimensions cognitives, affectives et sociales

Favoriser le développement des différentes qualités physiques et motrices des élèves

Permettre l’acquisition d’un certain niveau de compétence dans la pratique des APS.

Chercher en priorité la performance, les titre à travers :

- L’atteinte d’un haut niveau de compétence

- L’optimisation des différents facteurs de la performance.

POPULATION

Tous les élèves sans distinction de niveau de pratique

Le niveau des pratiquants est souvent hétérogène (technique, physique, mixité…)

L’effectif est généralement plus élevé

Une minorité composée d’athlètes ou de joueurs disposant de meilleures qualités

Les niveaux des athlètes sont plus homogènes

CARACTERISTIQUE

La pratique de l’EPS est de nature :

- Démocratique (c’est un droit accordé à tous)

- Obligatoire (tous les élèves doivent la pratiquer sauf en cas de dispense…)

- Polyvalente (pratique de plusieurs APS)

Est sélectif et élimine les plus faibles

N’est pas obligatoire dans la mesure où il représente l’option délibérée de celui qui le pratique

Spécialisation dans une APS

DUREE PRATIQUE

Limitée à 2h par semaine

Les compétitions sont très rares et se limitent à une petite minorité intéressée par l’ASS

Plus importante et peut aller de 8h à 16h par semaine.

Les compétitions sont nombreuses et périodiques

CONDITION DE PRATIQUE

Les installations et les matériels sont modestes en quantité et en qualité

Plus nombreuses et sophistiquées

RESPONSABLE DE LA PRATIQUE ET SES COMPETENCES

L’enseignant

- Compétences pédagogiques

- La didactique de l’EPS et des APS

- L’importance est davantage accordée aux généralités et principes fondamentaux des APS

- Connaissance générale sur l’anatomie, la physiologie de l’effort et sur la psychologie de l’adolescent et de l’enfant.

L’entraîneur

- Compétence pédagogique

- Compétences dans les domaines technique, tactique et de la préparation physique et mentale

- Méthodologie de l’entraînement appliquée à la spécialité

- Coaching

 

TYPE ET NATURE DES MOTIVATIONS DES PRATIQUANTS

Se divertir

Améliorer le niveau de pratique

Avoir une bonne santé

Avoir une bonne note

La motivation n’est pas très soutenue et dépend de l’APS programmée et du prof

Perfectionner les habiletés motrices, physiques, techniques et tactiques…

Être titulaire

Gagner un titre, une médaille

Gagner de l’argent, ce qui entraîne parfois des tentatives de corruption et de dopage

La motivation est plus soutenue

LES INSTANCES RESPONSABLES

Ministère de l’éducation Nationale ; ASS de l’établissement ; Fédération du sport scolaire ; Délégation AREF

Ministère du jeu sport ; Fédération nationale ou internationale ; Comité olympique Nationale ou international ; Ligue ; Clubs

       VII.         La pédagogie et la didactique

1.      La pédagogie

D’une manière générale le concept « pédagogie » peut avoir deux significations différentes et complémentaires ; la première se rapporte à l’action d’éduquer et la seconde a trait aux aspects théoriques, aux réflexions sur les finalités, les conditions et les stratégies d’éducation.

Ces différentes significations ressortent clairement des deux définitions suivantes :

Pierre Parlebas (1980) :

« La pédagogie est une pratique d’intervention normative qui recherche une influence près d’autrui dans une perspective explicite de formation »

Cette définition souligne le caractère intentionnel et pratique de la pédagogie, par contre la définition ci-après met l’accent sur l’étendue de la pédagogie en tant que théorie centrée sur les conditions de l’éducation.

Merrieu (1990) avance à ce propos :

« Réflexion sur l’éducation de l’enfant (..), la pédagogie s’interroge sur les finalités à affecter à cette éducation, sur la nature des connaissances à transmettre, et sur les méthodes qu’elle doit utiliser ».

2.     La didactique

Etymologiquement, la didactique semble dériver de Dek-Dok qui signifie acquérir ou faire acquérir une connaissance.

Ainsi les réflexions qui vont être développées en didactique doivent nécessairement prendre en considération les interactions qui existent entre les trois pôles directement concernés dans toute action d’enseignement-apprentissage, à savoir :

·       Le pôle de l’élève c’est-à-dire qui va acquérir des connaissances et construire des compétences.

·       Le pôle de l’enseignant en tant qu’agent transmetteur, facilitateur ou inducteur des différents types d’apprentissages.

·       Le pôle des contenus objet d’enseignement-apprentissage. Il délimite les savoirs, les savoirs faire, les savoirs être et les compétences à acquérir dans une discipline donnée.

Les interactions entre ces trois pôles constituent selon Y CHEVALLARD le centre des préoccupations de la didactique dont il donne la définition suivante :

« La didactique est une science dont l'objet d'étude est le système didactique formé par trois éléments :  l'enseignant, les élèves, le savoir et la relation tertiaire qui les lie ».

Pour mieux assurer l’enseignement-apprentissage des savoirs d’une matière, il faut procéder à trois axes d’analyse :

·       L’analyse des mécanismes d’enseignement c’est à dire comment s’opère et s’organisent la méthodologie et les procédures adoptées par l’enseignant pour favoriser les apprentissages visés.

·       L’analyse des mécanismes d’apprentissage (comment l’élève apprend et intègre les connaissances, compétences...).

·       L’analyse des contenus matière et leur hiérarchisation pour les rendre accessibles, adaptés et enseignables dans un contexte scolaire.

L’étude de ces mécanismes constitue justement l’objet de la didactique, comme l’affirme

ALAIN HEBRARD (1986), la didactique est :

« L’étude des processus d’élaboration et d’acquisition (chez l’élève) et de transmission (chez l’enseignant) des savoirs et des savoirs faire d’une discipline »

Toutefois, cette étude se donne pour préoccupation centrale l’explicitation, la structuration et la hiérarchisation des contenus d’enseignements (savoir, savoir-faire, savoir être, compétences).

PIERRE ARNAUD (1985) : souligne l’importance de cet aspect en expliquant que la didactique est :

« Une théorie construite de l’exercice qui par un ensemble de situations instrumentales finalisées défini pour chaque matière d’enseignement un contenu structuré et hiérarchisé afin de guider les apprentissages scolaires des élèves ».

VERGNAUD (1983) : Met également en avant la place centrale des contenus d’enseignement dans le champ de la didactique. En effet d’après lui la didactique est un :

« Domaine de recherche qui étudie les processus de transmission et d’acquisition, en tenant compte scrupuleusement des contenus d’enseignements et des connaissances. Il est l’étude de l’ensemble des contraintes qui président au développement des contenus »

3.     Rapport pédagogie/didactique

Les définitions citées ci-dessus permettent de mettre en évidence que la pédagogie est avant tout une réflexion sur les finalités et les conditions de l’éducation, par contre la didactique s’intéresse, en   priorité, aux   méthodes d’enseignement et aux stratégies d’apprentissage dans le cadre d’une matière. Elle est donc essentiellement liée à des contenus disciplinaires identifiés et structurés. De ce fait on peut dire que la didactique est une partie de la pédagogie qui concerne l’enseignement (comme l’affirment LALANDE ET LAFON), ou qui met l’accent sur le comment faire ? D’après Mialaret, c.à.d. comment faut-il s’y prendre pour optimiser les apprentissages ? Comment l’élève s’approprie les connaissances ? quelle consigne il faut lui communiquer ? Quelle organisation il faut mettre en place ? Sur quel contenu il faut mettre l’accent ? Quel dispositif de vérification des apprentissages ?

JACQUELINE MARSENACHS : propose de son côté la distinction suivante entre pédagogie et didactique :

« La pédagogie serait centrée sur les aspects relationnels généraux alors que la didactique ferait porter sa réflexion sur la matière organisée »

La conception de FRANÇOIS TOCHON va dans le même sens, puisqu’il avance que :

« La didactique s’arrête à la porte de la classe, et concerne tout ce qui est de l’ordre de l’anticipation et de la planification, en revanche la pédagogie relève de l’animation et de la gestion du groupe classe »

En conclusion, il faut retenir que la didactique et la pédagogie sont concernées par l’enseignement et l’apprentissage, cependant la pédagogie est plus large que la didactique et semble englober cette dernière.

Mais, pour éviter tout risque de confusion nous allons admettre que la didactique s’appuie sur les données objectives et vise la systématisation de l’enseignement apprentissage (en structurant, en programmant des contenus d’enseignement). Et nous évoquerons le concept « pédagogie » pour désigner tout ce qui est lié à la relation enseignant-enseigné dans ses différentes dimensions psychoaffectives et sociales ainsi qu’aux interventions régulatrices qui lui sont liées. En d’autres termes, la didactique concerne la préparation prévisionnelle et se fait essentiellement en l’absence des élèves alors que la pédagogie commence dans la mise en œuvre de ce qui est préparé et de ce fait elle ne peut s’actualiser que par la présence des élèves.

Enfin, il faut noter qu’actuellement il existe un consensus pour admettre que la pédagogie et la didactique entretiennent une relation dialectique, l’une agit sur l’autre et la complète.

PHILIPPE MERRIEU (1991) relate subtilement cette réalité en avançant que :

« Une pédagogie qui s’intéresserait à l’enfant en général, abstraction faite des contenus d’enseignement à transmettre serait une pédagogie complètement fantaisiste » et de continuer :

« La pédagogie sans la didactique ce n’est rien, c’est du vent, c’est du vide ».

     VIII.         Quelques notions

Apprentissage

« Il y a apprentissage lorsqu’un organisme, placé plusieurs fois de suite dans la même situation, modifie sa conduite de façon systématique et durable. » (Reuchlin, 1983)

« Ce sont les effets durables qu’une expérience antérieure exerce sur les performances. » (Durand)

« Apprentissage moteur : ensemble d’opérations associées à la pratique ou à l’expérience qui conduisent à des changements relativement permanents des compétences pour la réalisation des habiletés motrices. » (Schmidt)

Objectif

« Un objectif pédagogique décrit ce que l’élève doit être capable de faire à l’issue d’un apprentissage. Il donne du sens à l’action d’enseignement et guide la planification, les méthodes et l’évaluation. » De Ketele, J.-M., & Roegiers, X. (1996).

« L’objectif est une formulation opérationnelle et observable d’un comportement attendu chez l’élève à la suite d’une situation d’apprentissage. ». Mager, R. (1970)

Un résultat précis qu'une personne ou une organisation cherche à atteindre. Il sert de guide pour orienter les efforts et les actions afin de parvenir à une finalité déterminée. Les objectifs peuvent être à court ou à long terme et doivent être spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, et temporellement définis (SMART). Ils permettent de donner une direction claire et d'évaluer les progrès réalisés.

Un objectif est la description d’un ensemble de comportement dont l’élève doit se montrer capable pour être reconnu compétent.

Un objectif décrit donc une intention, un résultat plutôt que le processus d’enseignement lui-même ou les moyens mis en œuvre.

Un objectif définit permet donc par la même occasion une réflexion sérieuse et approfondie sur le contenu même du cours élaborer.

Séance

« La séance est une unité de temps d’enseignement (souvent 45 min à 1h30), organisée autour d’un objectif spécifique, avec un déroulement structuré : mise en train, activité principale, retour au calme, évaluation éventuelle. ». Crahay, M. (2000).

« La séance est une étape d’un processus d’apprentissage, conçue pour faire progresser l’élève dans l’atteinte d’un objectif visé. ». Astolfi, J.-P. (1992).

Une séance est une unité de temps dédiée à la mise en œuvre d'activités pratiques. Elle correspond généralement à une période complète pendant laquelle les élèves participent à des exercices ou activités physiques. Une séance peut comporter plusieurs étapes : échauffement, activités principales (apprentissage ou pratique des compétences), et retour au calme ou étirements. Une séance peut être répétée dans le cadre d'une progression pour permettre aux élèves de mieux maîtriser une compétence ou un concept.

Leçon

« La leçon est une unité d’enseignement structurée autour d’un savoir précis, dispensée selon une démarche pédagogique choisie (expositive, interrogative, expérientielle). Elle vise la transmission et l’appropriation d’un contenu défini. Meirieu, P. (2005). ».

« La leçon constitue une forme traditionnelle de l’enseignement, généralement centrée sur la présentation ordonnée et progressive d’un contenu. ». Legendre, R. (1993).

Une leçon désigne l'ensemble du contenu pédagogique planifié pour enseigner un concept ou une compétence spécifique. C'est plus global que la séance, car elle inclut la préparation des objectifs, le matériel pédagogique et les méthodes d'enseignement. Une leçon peut être divisée en plusieurs séances si l'apprentissage nécessite plus de temps pour être maîtrisé. Une leçon est donc un plan structuré qui peut inclure plusieurs séances pour atteindre un objectif pédagogique.

Traitement de l’information

Information prélevée par organes sensoriels et soumise à des calculs enrichis par des données stockées en mémoire et transformées en intention d’action pour le système effecteur.

La notion d’activité

Dans l’activité d’un sujet on distingue :

       Une dimension observable => activité externe

       Une dimension invisible => activité interne

Activité externe : comportement du sujet, elle se traduit à travers des actions du sujet.

Activité interne : processus sous-jacents à la production de l’acte moteur.

Ressources

« Connaissances, capacité, aptitudes, attitudes, mécanismes, instruments, que possède un sujet et qu’il peut modifier et utiliser à son profit pour accomplir la tâche. Elles sont de nature bio- énergétiques, bio- informationnelles, ou de nature affective » (Famose, 1983)

Variabilité

« Mise en situation du sujet face à de multiples niveau d’une modalité d’une tache, afin que de cette confrontation, il puisse élaborer un schéma moteur pour répondre à la diversité des modalités de cette tache ou de cette classe de réponses. » (Schmidt, 1975)

La progressivité

Une suite ininterrompue et graduelle. C’est une tendance au découpage de la pratique scolaire en un certain nombre d’éléments présentés selon une progression cumulative.

Le curriculum

Le curriculum est la programmation des contenus d’enseignement tout au long de la scolarité, un parcours éducatif proposé aux apprenants, progressif, présentant une continuité de sous-ensembles éventuellement organisés en disciplines scolaires. Les différents aspects d’un curriculum doivent pouvoir être étudiés :

  • Curriculum prescrit, formel (celui des programmes, les prescriptions institutionnelles comme par exemple les recommandations des inspecteurs) ;
  • Curriculum proposé, potentiel (des auteurs de manuels, enseignants, fournisseur de matériel pédagogique par exemple qui s’approprient ces textes pour en proposer une mise en œuvre) ;
  • Curriculum réel, parfois caché (quand les programmes sont mis en œuvre réellement, par un enseignant, avec des élèves, à un moment donné, à un endroit donné).

Les finalités du système éducatif et de l’EPS

Les finalités du système éducatif

"Une finalité est une affirmation de principe à travers laquelle une société (ou un groupe social) identifie ou véhicule ses valeurs. Elle fournit les lignes directrices à un système éducatif" Hameline ; Les objectifs pédagogiques en formation initiale et en formation continue ; PARIS, ESF,1979.

Durkheim : l’éducation est l’action de la génération adulte sur la génération montante, à travers laquelle elle véhicule normes et valeurs qu’elle juge essentielles à transmettre.

Même sens entre Hamelin et Durkheim

·       De l’individuel et du collectif :

Il est nécessaire d'enseigner "ce qui unit" les hommes, càd ce qui permet de les intégrer dans une communauté aussi large que possible ; et "ce qui libère" l'individu, càd ce qui lui permet d'exprimer et de penser par lui-même. REBOUL O. "La philosophie de l’éducation PUF 1989

·       De la dépendance à l’autonomie :

 « La finalité dernière est l’émergence d’un sujet libre, d’une volonté capable de se donner ses propres fins, d’effectuer le plus solidement possible ses propres choix, de décider en toute indépendance de ses propres valeurs•

 MEIRIEU Ph. Le Choix d’éduquer. ESF ; 1991

Les finalités de l’EPS

Statut de l’EPS (ARNAUD P. "Le corps en mouvement" Toulouse ; Privat ; 1989)

  • Une discipline d’enseignement comme les autres.
  • L’EPS participe aux missions définies pour l’école.
  • L'EP n'existe que dans, par et pour l'école.
  • Suit les mêmes finalités que les autres disciplines.

L’EPS est une discipline spécifique car les apprentissages ne sont pas des apprentissages tout à fait comme les autres : ils mettent en jeu un objet particulier qui est le corps propre, lui-même se déplaçant dans un environnement d'objets physiques. (MARSENACH J. « EPS, quel enseignement » Paris ; INRP ; 1991)

Finalités spécifiques de l’EPS :

  • ACQUISITION PAR LA PRATIQUE DES COMPÉTENCES ET DES CONNAISSANCES RELATIVES AUX APSA
  • DÉVELOPPEMENT DES CAPACITÉS NÉCESSAIRES AUX CONDUITES MOTRICES
  • ACCÈS AUX CONNAISSANCES RELATIVES À L'ORGANISATION ET À L'ENTRETIEN DE LA VIE PHYSIQUE